
2026-06-24
Écrit par Ibrahim Madras
Dans les eaux peu profondes des récifs de Papouasie–Nouvelle-Guinée, la chercheuse australienne Christine Dudgeon a attrapé un petit requin brun qu’elle n’a pas réussi à identifier. Deux jours plus tard, la découverte de onze autres individus similaires a confirmé qu’il s’agissait d’une espèce inconnue jusqu’alors, devenue la dixième espèce répertoriée de requin-marcheur et nommée en son honneur. Marcher plutôt que nager Les requins-marcheurs, aussi appelés requins-épaulettes du genre Hemiscyllium, sont connus pour utiliser leurs nageoires comme des membres afin de se déplacer sur les fonds marins ou les récifs découverts à marée basse. Le groupe compte une dizaine d’espèces, différenciées notamment par leurs motifs de coloration et leurs caractéristiques génétiques. Cette capacité de locomotion leur permet de continuer à chasser dans des zones où l’oxygène est très faible, des conditions que la plupart des autres requins ne supporteraient pas. Certaines espèces peuvent ainsi survivre plusieurs heures dans des environnements particulièrement pauvres en oxygène. Une espèce distincte et jamais découverte Suite à la trouvaille de Christine Dudgeon, les chercheurs ont identifié onze autres spécimens présentant les mêmes caractéristiques. Des prélèvements ont été réalisés sur neuf d’entre eux avant leur remise en liberté, tandis que trois individus ont été conservés pour des études plus approfondies. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il s’agissait bien d’une espèce distincte, la première du genre à être décrite depuis 2013. Déjà menacé par l'activité climatique et humaine À ce jour, le requin-marcheur de Dudgeon n’a été observé que dans trois sites de Papouasie–Nouvelle-Guinée. Si cette aire de répartition limitée se confirme, Hemiscyllium dudgeonae pourrait être particulièrement exposé à la dégradation des récifs, au changement climatique et à la surpêche.Une nouvelle espèce de requin-marcheur a été découverte au large de la Papouasie–Nouvelle-Guinée. Baptisé Hemiscyllium dudgeonae, l’espèce doit son nom à la chercheuse Christine Dudgeon, spécialiste des requins et des raies depuis plus de vingt ans.