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« J'avais peur qu'ils me tuent » : récits des militants de la Flottille pour Gaza

« J'avais peur qu'ils me tuent » : récits des militants de la Flottille pour Gaza

2026-06-25

Écrit par Rédaction

Six militants pro-palestiniens témoignent avoir subi des tortures après leur arrestation par Israël lors de l’interception de la Flottille pour Gaza en mai. Des plaintes ont conduit à l’ouverture d’enquêtes pour torture et crimes de guerre en France, en Italie et en Australie. Les autorités israéliennes rejettent ces accusations.

430 militants, parmi lesquels une trentaine de Français, ont été interceptés par les autorités israéliennes dans les eaux internationales alors qu’ils tentaient d’acheminer vers Gaza du lait infantile, des médicaments et des fournitures scolaires. Meriem Hadjal, Noé Tissot et Malika Baouya faisaient partie des passagers du voilier Peluxo lorsque leur embarcation a été stoppée par une vedette rapide israélienne.

Violences physiques et sexuelles

Les militants décrivent des violences massives après leur regroupement en mer à bord de ce qu’ils appellent le « bateau-prison ». « On m'a tirée par le bras, soulevée avec les mains attachées en arrière. J'ai hurlé de douleur, j'ai cru qu'on m'avait arraché le bras », raconte Malika Baouya, infirmière niçoise. « On marche tête baissée, mains sur la nuque. On nous allonge sur le sol, dans l'eau de mer stagnante. Des hommes sont tasés ».

Ne gardant qu’un minimum de vêtements et munis d’un bracelet numéroté, les militants ont ensuite été conduits un à un vers un conteneur plongé dans l’obscurité. « Lorsque la porte s'ouvre, je vois un camarade allongé sur le sol, pantalon baissé. Un soldat commence à me palper les seins de façon sexuelle. Je prends une grosse claque. Une autre. Des soldats veulent me pousser vers le fond du conteneur. J'avais peur qu'ils me tuent », témoigne Meriem Hadjal, 38 ans.

Malika Baouya évoque également un « collègue au sol (qui) se fait frapper ». « Je l'entends gémir, c'est horrible. Trois hommes cagoulés me tombent dessus, me rouent de coups », affirme-t-elle. Au sol, elle dit ne plus pouvoir respirer, tandis qu’un soldat la « soulève par le chignon » et qu’un autre « tente de (lui) arracher la culotte ».

Des sévices sous la direction du ministre israélien Ben Gvir

La militante australienne Violet Coco affirme elle aussi avoir été victime de violences. « Ils m'ont frappée plusieurs fois à la tête. Je me souviens qu'ils riaient parce que je ne répondais pas. Ensuite ils m'ont donné des coups de pieds, j'ai tenté de me protéger. J'ai été blessée à la main. J'ai chuté contre la paroi du conteneur et ça les a fait rire encore. Ils ont agrippé mes parties intimes, j'ai fini avec des bleus à la poitrine et ailleurs », relate-t-elle.

Après les violences dans le conteneur, les militants ont été enfermés dans un espace rectangulaire sur le pont du navire. Une vidéo diffusée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, montrant ces conditions, a suscité un tollé. Les Français décrivent des soldats les visant avec des grenades assourdissantes ou des balles en caoutchouc, ainsi qu’un manque d’eau, d’hygiène et de nourriture. Ils racontent également avoir dormi à même le métal froid et le bois des conteneurs.

« Si on parle, ce n'est pas pour nous, c'est pour les Palestiniens »

Les militants ont ensuite été débarqués en Israël puis transférés à la prison de Ktziot, dans le sud du pays. « A la queue-leu-leu, ils nous insultaient, faisaient des bruits d'animaux, donnaient des coups de crosse » à l'arrivée près du port, raconte Noé Tissot, 32 ans. Dans une tente, « un soldat m'a frappé d'un énorme coup de poing dans la tête et les côtes », affirme-t-il. Il dit avoir subi une côte fêlée.

Le travailleur social allemand Johannes Happel, 29 ans, déclare que sa « tête a été cognée contre un poteau de tente ». « J'ai vu un ami à moi se faire tabasser à coups de poing et être à plusieurs reprises jeté par terre. Cruel, sadique et inhumain sont les adjectifs qui me viennent à l'esprit pour tout ce que j'ai vu là-bas », ajoute-t-il.

« Ce qu'on a vécu, protégés par nos passeports, n'est qu'un avant-goût de ce que vivent les prisonniers palestiniens », estime Meriem Hadjal. « Si on parle, ce n'est pas pour nous, c'est pour les Palestiniens », ajoute Malika Baouya, qui doit être entendue dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet antiterroriste français. L’armée israélienne, de son côté, « rejette les accusations d'abus qui auraient été commis par des soldats ».

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