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Fin de vie : l’Assemblée adopte une nouvelle fois la loi sur l’aide à mourir

Fin de vie : l’Assemblée adopte une nouvelle fois la loi sur l’aide à mourir

2026-07-01

Écrit par Rédaction

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 30 juin, la proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir. Adopté par 295 voix contre 232 (35 abstentions), le texte doit désormais faire l’objet d’un vote solennel le 15 juillet, étape décisive vers son adoption définitive.

La proposition de loi sur la fin de vie, qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté, a été adoptée par les députés par 295 voix contre 232. Il s’agit de la troisième adoption du texte en deux ans, après les votes de mai 2025 et de mars 2026. Cette réforme, qui marque une rupture majeure avec l’interdit de donner la mort, repart une nouvelle fois au Sénat, où elle devrait être largement rejetée comme lors de ses précédents examens.

Une ultime lecture est prévue le 15 juillet à l’Assemblée nationale, où son adoption définitive devrait être actée, sans possibilité d’amendement.

Une majorité qui s’érode

Si une majorité nette s’est une nouvelle fois dégagée en faveur de la proposition de loi, l’écart de voix entre les partisans et les opposants – soit 63 – s’est réduit au fil des examens à l’Assemblée nationale.

Le texte finalisé crée un droit à l’aide à mourir accessible, sous conditions, à certains malades atteints d’une affection grave et incurable engageant « le pronostic vital, en phase avancée ou en phase terminale ». Les personnes concernées devront également présenter « une souffrance physique ou psychologique » réfractaire aux traitements ou insupportable liée à cette affection, et être aptes à « manifester (leur) volonté de façon libre et éclairée ».



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Oppositions éthiques, religieuses et médicales

Le débat dépasse aujourd’hui le seul cadre politique ou médical. Liberté individuelle face à la mort, protection des personnes vulnérables et rôle des soignants : si le projet entend encadrer strictement l’aide à mourir, il continue de susciter une forte opposition, notamment parmi certains professionnels de santé et responsables religieux.

En janvier 2026, la Conférence des évêques de France (CEF) a publié une tribune pour alerter sur ce projet de loi, rappelant que la mission de l’Église est d’accompagner la vie plutôt que de soutenir le don de la mort. Dans un entretien, l’archevêque de Paris, Laurent Ulrich, dénonçait une « rupture » anthropologique majeure en cas d’adoption du texte.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a lui aussi exprimé une opposition claire, mettant l’accent sur la souffrance des personnes en fin de vie qui se sentent, selon lui, être un poids pour leurs proches et pour la société. « Il faut renforcer aujourd’hui cette chaleur humaine qui manque aux hôpitaux. J’ai proposé que la présence des aumôniers soit plus forte et que le contact avec la famille soit plus simple afin que la personne décide en conscience », a-t-il expliqué.

« Il était temps que ce texte arrive au bout »

Du côté des partisans de la réforme, on estime qu’« il était temps que ce texte arrive au bout ». « Si l’on compte toutes les commissions parlementaires et le travail en séance, on en est à la douzième lecture du texte en trois ans, avec plus de 10 000 amendements discutés. Ce n’est pas le texte que l’ADMD aurait souhaité sur tous les points, mais c’est le fruit d’un long travail démocratique », a souligné Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

« Nous avons besoin de cette loi qui garantira à tous le droit de disposer de soi jusqu’aux derniers instants », a de son côté défendu le député insoumis Hadrien Clouet, se félicitant de la « défaite de toute une palanquée d’officines réactionnaires ».

#fin de vie#assemblée nationale

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