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État de droit : Claire Hédon alerte sur une dégradation « généralisée »

État de droit : Claire Hédon alerte sur une dégradation « généralisée »

2026-06-26

Écrit par Rédaction

À l'heure de quitter ses fonctions, la Défenseure des droits Claire Hédon alerte sur une dégradation de l'État de droit en France. Elle dénonce une hausse des discriminations, un recul de la liberté de manifester et un affaiblissement de la confiance entre la police et la population.

Six ans après sa nomination à la tête de la Défenseure des droits, Claire Hédon quittera ses fonctions à la fin du mois de juillet. À cette occasion, elle dresse le bilan de son mandat, marqué par une forte hausse des réclamations, qui « révèle une fragilisation préoccupante » des droits et libertés.

Un mandat marqué par une hausse des atteintes aux droits

Après six années à la tête de cette autorité administrative indépendante, la successeure de Jacques Toubon s'apprête à quitter ses fonctions le 21 juillet, avec un constat alarmant. « Une aggravation dans l'accès aux droits dans notre société, dans tous les domaines », résume-t-elle à un mois de son départ.

Les réclamations adressées au Défenseur des droits (DDD), allant des difficultés administratives aux discriminations ou aux menaces contre des lanceurs d'alerte, ont augmenté de 70 % durant son mandat. Elles devraient atteindre 200 000 saisines en 2026, contre 100 000 en 2020.

Contrôles au faciès et violences policières

Parmi les dossiers qui la préoccupent le plus figurent les contrôles au faciès visant les jeunes des quartiers populaires ainsi que les violences commises par les forces de l'ordre.

« Cette question des contrôles d'identité, elle est centrale. Je suis effrayée de ce que j'observe », affirme-t-elle, évoquant notamment le phénomène de la « multiverbalisation », ces amendes répétées qui plongent de nombreux jeunes dans une spirale de surendettement. « Je pars en me disant que sur ça, ça n'avance pas », regrette-t-elle.

Elle dénonce également une dégradation de « la déontologie des forces de l'ordre », pointant un « manque de sanctions » et de « transparence » de la part du ministère de l'Intérieur. Les recommandations de sanction formulées par le Défenseur des droits, qui ne dispose d'aucun pouvoir contraignant, sont selon elle rarement suivies.

Une inquiétude croissante pour les libertés publiques

Claire Hédon souligne néanmoins l'utilité de son institution, qui a résolu par la médiation près de huit réclamations sur dix parmi les 165 000 dossiers traités en 2025. « On rétablit les personnes dans leurs droits et on contribue à la cohésion et la paix sociale », se félicite-t-elle. La majorité des saisines concerne encore les difficultés d'accès aux services publics, notamment pour les étrangers confrontés à la dématérialisation des démarches en préfecture, une évolution qu'elle critique depuis plusieurs années.

À l'heure de transmettre ses fonctions à un successeur nommé par Emmanuel Macron puis validé par le Parlement, Claire Hédon dit voir les menaces s'accumuler. « Je suis excessivement inquiète de l'accumulation des interdictions de manifester. Une démocratie, c'est évidemment une élection au suffrage universel, mais c'est aussi le respect de libertés et de droits fondamentaux », conclut-elle.

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