
2026-06-23
Écrit par Ibrahim Madras
L’Union européenne doit faire preuve de « leadership moral » et cesser de fermer les yeux sur les « horreurs » commises contre les Palestiniens. Dans une lettre ouverte publiée le 14 juin, 22 anciens responsables européens, dont Alain Juppé et Dominique de Villepin, appellent l’UE à agir face aux violations répétées du droit international du gouvernement israélien. L’accord d’association entre l’UE et Israël « n'est pas respectée » Signé en 1995 et entré en vigueur en 2000, l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël encadre les relations politiques et commerciales entre les deux parties. Son article 2 précise que ces relations reposent sur « le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques ». Or, cette condition « n'est pas respectée », estiment les 22 signataires de la lettre, parmi lesquels figurent également les anciens chefs de gouvernement italiens Massimo d'Alema et Romano Prodi, l’ancien chef de la diplomatie européenne Josep Borrell ou encore l’ex-vice-présidente de la Commission européenne Margot Wallström. Les signataires accusent le gouvernement israélien de « continuer d'entraver l'acheminement de l'aide humanitaire indispensable aux Palestiniens de Gaza (...) tout en anéantissant les moyens dont disposent les Palestiniens pour produire de la nourriture et de l'eau, en ravageant leurs terres agricoles et en détruisant les réservoirs et les usines de dessalement ». Cessez de fermer les yeux Ils dénoncent également une politique visant à « promouvoir activement l'annexion de terres palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, notamment en encourageant et en soutenant la recrudescence de la violence perpétrée par des extrémistes qui s'emploient à s'emparer de nouvelles terres et à expulser les Palestiniens de leurs foyers ». « L'UE doit cesser de fermer les yeux sur les horreurs que le gouvernement israélien inflige actuellement aux Palestiniens, en violation flagrante de l'accord d'association UE-Israël. Ne pas agir maintenant ne fera qu'affaiblir davantage la position et l'influence de l'UE sur la scène internationale » Les États membres demeurent toutefois divisés sur la question de sanctions contre Israël. Selon des diplomates européens cités par Reuters, l’absence « d'unanimité au niveau de l'UE » pousse désormais plusieurs gouvernements à envisager des initiatives nationales. Des tribunes de réclamation successives Les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent ce lundi à Luxembourg sous la présidence de Kaja Kallas. En avril dernier déjà, plus de 350 anciens ministres, ambassadeurs et diplomates européens avaient signé une lettre réclamant la suspension de l’accord d’association UE-Israël, dénonçant une politique d’« asservissement » et « d'occupation illégale » des territoires palestiniens.Dans une lettre ouverte publiée le 14 juin, une vingtaine d’anciens dirigeants européens ont appelé l’Union européenne à ne plus "fermer les yeux sur les horreurs que le gouvernement israélien inflige aux Palestiniens" et à réexaminer ses relations avec Israël dans le cadre de l’accord d’association UE-Israël.