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Coupe du monde 2026 : un tournoi subordonnée à la géopolitique

Coupe du monde 2026 : un tournoi subordonnée à la géopolitique

2026-06-30

Écrit par Rédaction

« Cette Coupe du monde risque de rester dans les mémoires comme le tournoi où l'universalité du sport a été subordonnée aux restrictions sélectives et à la géopolitique des puissances dominantes ». Dans un texte, issu du site Middle East Monitor, l'historien Sayid Marcos Tenorio dénonce le double discours de la FIFA qui, sous le masque d'une prétendue neutralité sportive, ne fonctionne que comme un instrument politique à la solde des « puissances dominantes ».

Malgré les déclarations de la FIFA selon lesquelles le football constitue un espace neutre capable de rassembler les peuples et les nations au-delà des tensions politiques, le tournoi organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique met en lumière une réalité différente : la géopolitique continue de déterminer qui peut voyager, participer et être représenté au plus grand événement sportif mondial.

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Le cas emblématique de l’équipe d’Haïti

La Coupe du Monde de la FIFA 2026 a débuté dans un contexte de contradiction qui dépasse largement les limites du terrain de football. Dès les premières semaines de la compétition, des arbitres se sont vu refuser l'entrée aux États-Unis, des professionnels accrédités ont été expulsés, des officiels ont rencontré des obstacles liés aux visas, des délégations ont subi du harcèlement lié à l'immigration et les projets de voyage des supporters ont été perturbés par des décisions administratives prises par les autorités américaines.

Le cas le plus symbolique concerne sans doute l'équipe nationale d'Haïti. La FIFA a exigé que celle-ci retire de son maillot toute référence à la bataille de Vertières, bataille décisive de la révolution haïtienne qui a mis fin au colonialisme français et ouvert la voie à la création de la première république noire des Amériques.

La FIFA a justifié sa décision au titre de sa politique de lutte contre les expressions politiques. Pourtant, une question se pose : depuis quand le souvenir d’une lutte contre l’esclavage et la domination coloniale est-il devenu une menace pour le sport ? Alors même qu'elle censurait un symbole anticolonial haïtien, la FIFA est restée largement silencieuse concernant les restrictions imposées par le principal pays hôte du tournoi.

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Exclusions, blocages et traitement différencié

L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, considéré comme l'un des plus grands arbitres de football africains, s'est vu refuser l'entrée aux États-Unis et a été expulsé sans aucune explication publique convaincante. La polémique a pris une tournure d'autant plus grave que la FIFA avait précédemment affirmé que tous les problèmes liés aux visas avaient été résolus.

Les délégations africaines ont signalé des contrôles excessifs, des retards et des traitements discriminatoires. Le photographe officiel de l'équipe nationale irakienne s'est vu refuser l'entrée sur le territoire. Joueurs, supporters et personnel accrédité ont également rencontré des obstacles à l'immigration, incompatibles avec le caractère universel que la Coupe du monde est censée incarner.

L'Iran a été parmi les pays les plus touchés. Quinze membres de sa délégation se sont vu refuser un visa, contraignant l'équipe à déplacer son camp d'entraînement d'Arizona à Tijuana, au Mexique. La Fédération iranienne de football a annoncé son intention de déposer une plainte officielle auprès de la FIFA, arguant que ces restrictions avaient perturbé la préparation de l'équipe et violé le principe d'égalité entre les nations participantes.

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La fausse neutralité de la FIFA

Face à ces incidents, la réaction de la FIFA était prévisible : “les questions d’immigration relèvent de la compétence des autorités nationales”. Pourtant, lorsque cela lui semble opportun, la FIFA intervient, sanctionne les fédérations, censure les propos, réglemente les uniformes et impose des normes de conduite strictes. Pourtant, lorsque les restrictions émanent d'une grande puissance occidentale, la neutralité institutionnelle se mue soudain en passivité. Une telle sélectivité n'est pas nouvelle.

Depuis des années, les organisations de défense des droits humains dénoncent la participation de clubs israéliens basés dans des colonies établies en territoire palestinien occupé, colonies considérées comme illégales par les Nations Unies. Malgré cela, ces clubs continuent d'opérer au sein du système de football israélien sans que la FIFA ne prenne de mesures. Ces cas démontrent que la prétendue neutralité sportive fonctionne souvent comme un instrument politique.

Elle est appliquée avec rigueur lorsqu'il s'agit de contrôler les symboles, la mémoire et la parole des peuples périphériques, mais devient remarquablement flexible lorsque les intérêts des grandes puissances ou de leurs alliés stratégiques sont en jeu.

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Des principes à géométrie variable

Le football n'a jamais été dissocié de la politique. Les Coupes du monde ont toujours reflété les luttes de pouvoir, les identités nationales et les conflits internationaux. Le problème réside dans le déni de cette réalité. Il surgit lorsque le discours de la neutralité sert à réduire au silence les peuples qui contestent l'ordre dominant, tout en protégeant ceux qui violent les droits humains au nom du pouvoir.

D’Haïti à l’Iran, de la Palestine à la Somalie, la Coupe du monde 2026 révèle une tendance qu’il est de plus en plus difficile d’ignorer. Les peuples marqués par le colonialisme, les sanctions et la marginalisation internationale sont confrontés à des obstacles qui ne touchent pas tous de la même manière.

Si la FIFA entend continuer à affirmer que le football unit le monde, elle doit démontrer que ses principes s'appliquent de manière égale à tous les peuples et à toutes les nations. Autrement, cette Coupe du monde risque de rester dans les mémoires comme le tournoi où l'universalité du sport a été subordonnée aux frontières, aux restrictions sélectives et à la géopolitique des puissances dominantes.

Sayid Marcos Tenorio


#Donald Trump#FIFA#géopolitique#football

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