
2026-06-29
Écrit par Rédaction
Une canicule d'une intensité exceptionnelle a frappé la France, alourdissant fortement le bilan humain. Entre le mercredi 24 et le vendredi 26 juin, près de 1 000 décès supplémentaires ont été recensés par rapport à la normale. À l'échelle européenne, Organisation mondiale de la santé a annoncé dimanche que plus de 1 300 personnes avaient perdu la vie en raison de la vague de chaleur qui touche le continent depuis le 21 juin. Un premier bilan encore très incomplet Environ 1 000 décès supplémentaires par rapport à la normale ont été recensés dans l'Hexagone depuis mercredi. Il ne s'agit toutefois que des premières estimations, appelées à s'alourdir, car elles ne prennent en compte que les décès déclarés par certificat électronique, soit environ 60 % de la mortalité totale et seulement 25 % des décès à domicile. Les décès survenus avant le 24 juin ainsi que ceux du week-end n'ont pas encore été intégrés au bilan. Dans le détail, plus de 1 200 décès, toutes causes confondues, ont été enregistrés le 24 juin, puis plus de 1 400 décès quotidiens les 25 et 26 juin, contre 900 à 1 000 décès par jour en moyenne en avril et en mai. Santé publique France relève également une hausse de 40 % des décès à domicile, avec une augmentation « plus marquée » en Île-de-France, en Nouvelle-Aquitaine, en Bretagne, dans le Centre-Val de Loire, en Normandie et dans les Pays de la Loire. Des hôpitaux toujours sous tension À Paris, les deux funérariums sont saturés et les défunts doivent être transférés vers les villes voisines. Pompiers, SAMU et hôpitaux restent fortement sollicités. « Tout le monde est dépassé. Le SAMU est dépassé, les pompiers le sont aussi. Dans les services d'urgence, nous le sommes », déplore le Pr Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP). Même si les températures ont nettement baissé dimanche 28 juin, les conséquences sanitaires de la canicule persistent. Les hôpitaux demeurent sous tension et certains effets des fortes chaleurs peuvent apparaître plusieurs jours après l'exposition, laissant craindre de nouveaux décès dans les prochains jours. Le ministère de la Santé appelle donc les Français à rester particulièrement vigilants envers les personnes fragiles et isolées. Faillite politique et inquiétude européennes Alors que le lourd bilan humain de ces onze jours de canicule commence à se préciser, les critiques se multiplient contre le gouvernement, accusé d'« incompétence » et d'« inaction ». « Il faudra faire toute la lumière sur le bilan humain très lourd qui s'annonce pour déterminer les responsabilités politiques », a déclaré la cheffe des Écologistes Marine Tondelier. La députée insoumise Clémence Guetté a, elle aussi, dénoncé sur France 3 une gestion « catastrophique » et une « impréparation » de l'exécutif. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, se veut toutefois rassurante face aux comparaisons avec la canicule de 2003, qui avait causé près de 15 000 décès. « En 2003, beaucoup de surmortalités venaient des Ehpad. Ce qu'on voit d'après les premiers chiffres fournis par Santé publique France, c'est qu'on ne sera pas dans la même ampleur de surmortalités qu'en 2003 », assure-t-elle. À l'échelle européenne, le bilan continue également de s'alourdir. « Plus de 1.300 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 21 juin en lien avec les températures élevées en Europe », a déclaré sur X le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « À l'heure actuelle, 150 millions de personnes vivent sous une chaleur extrême, des centaines de personnes sont décédées, des écoles sont fermées et les réseaux électriques sont mis à rude épreuve », a-t-il ajouté.La vague de chaleur qui a frappé la France s'est achevée ce dimanche. Depuis mercredi, près de 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés par rapport à la normale, selon un premier bilan de Santé publique France. Un premier bilan provisoire que de nombreux spécialistes estiment qu'il est voué à s'alourdir.