
2026-06-15
Écrit par Ibrahim Madras
Le président américain Donald Trump a annoncé, ce dimanche avoir conclu un accord avec l'Iran. L'Iran a confirmé l'accord-cadre, son vice-ministre des Affaires étrangères précisant qu'il serait signé vendredi à Genève, ouvrant la voie à 60 jours de négociations supplémentaires. Trump annonce l'accord, Téhéran confirme « J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », a écrit Donald Trump dans un message publié sur son réseau Truth Social. Ce dimanche 14 juin, le président américain a annoncé la conclusion d’un protocole d’accord avec l’Iran. De son côté, l’état-major iranien a confirmé l’annonce dans un communiqué diffusé par la télévision d’État, affirmant avoir « imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés ». Le contenu précis du document n’a pas été rendu public. Toutefois, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a indiqué que les prochaines discussions porteront sur quatre axes majeurs : la levée des sanctions contre l’Iran, le dossier nucléaire, la « reconstruction » et le « développement économique » du pays, ainsi que « la mise en place d’un mécanisme de suivi » des engagements pris. L'impuissance du gouvernement libanais Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, qui a joué un rôle important dans la médiation, a été le premier dirigeant étranger à annoncer sur X qu’un accord-cadre avait été trouvé. Au Liban, les autorités affirment ne pas avoir été officiellement informées d’un volet concernant leur territoire. Le président du Parlement, Nabih Berri, a néanmoins salué dans un communiqué « l’Iran et les Etats-Unis » qu’il a remerciés « pour leur détermination à inclure dans le protocole d’accord une clause fondamentale et contraignante visant à mettre fin à l’agression israélienne contre le tout le Liban ». La signature officielle de l’accord-cadre devrait intervenir vendredi 19 juin en Suisse, à l’issue d’une série de réunions préparatoires destinées à lancer un nouveau cycle de négociations techniques. Une mauvaise nouvelle pour Israël Cette évolution diplomatique a suscité de vives réactions en Israël. Tel-Aviv n’a obtenu satisfaction ni sur le programme nucléaire iranien ni sur sa liberté d’action militaire au Liban. Quelques heures avant l’annonce de l’accord, les frappes israéliennes sur Beyrouth avaient pourtant fait craindre un effondrement des négociations. Dans un message publié sur X, le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait estimé que ces bombardements démontraient que les États-Unis « soit n'ont pas la volonté de respecter leurs engagements, soit n'en ont pas la capacité ». Washington est alors intervenu pour éviter une nouvelle escalade. Donald Trump a appelé à la retenue, jugeant que le raid israélien sur Beyrouth « n’aurait pas dû avoir lieu à ce moment-là ». Benyamin Netanyahou s’est retrouvé confronté à une décision américaine qu’il ne maîtrisait pas, le président américain le qualifiant une nouvelle fois de « d'homme difficile » et d’ingrat. « Le dialogue et la diplomatie sont la seule voie » « On nous avait promis une victoire totale, et nous avons un désastre total », ont commenté plusieurs médias israéliens. Dans le même esprit, certains responsables militaires ont estimé en privé qu’Israël avait été mis « totalement hors jeu ». Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a quant à lui affirmé que « l'accord avec l'Iran est mauvais pour Israël ». À l’international, plusieurs dirigeants ont salué cette avancée diplomatique. Emmanuel Macron a qualifié l’accord de « fruit d’un effort diplomatique auquel ont contribué plusieurs partenaires ». « Célébrons. Mais n’oublions pas. Et apprenons une bonne fois pour toutes que la guerre est un échec. Le dialogue et la diplomatie sont la seule voie », a pour sa part écrit sur X le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez.Les États-Unis et l’Iran ont confirmé, dans la nuit de dimanche à lundi, la conclusion d’un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a salué lundi « un pas historique vers la paix ».