logo

Ahmad Zarrouq : les rĂšgles du soufisme

Ahmad Zarrouq : les rĂšgles du soufisme

2024-09-01

Écrit par Redaction

Maßtre spirituel du 15e siÚcle, Ahmad Zarrouq a codifié les rÚgles du soufisme dans un célÚbre ouvrage. Mizane.info publie deux de ces rÚgles essentielles : respect de la loi et diversité des voies.

La sincĂ©ritĂ© de l’orientation est conditionnĂ©e par le fait qu’elle trouve sa source dans ce qui est agréé par Dieu le TrĂšs-Haut et qu’on la rĂ©alise par ce qu’Il agrĂ©e. Le conditionnĂ© ne peut, en effet, ĂȘtre valide sans sa condition : Dieu dit : « Il n’agrĂ©e pas la mĂ©crĂ©ance de Ses serviteurs », il est donc nĂ©cessaire de rĂ©aliser la foi. Il affirme aussi : « Si vous ĂȘtes reconnaissants, cela vous sera agréé. » Ce qui implique qu’il faut agir dans le respect des rĂšgles de l’Islam.

Il n’y a donc pas de soufisme sans jurisprudence (fiqh), car on ne peut connaĂźtre les prescriptions exotĂ©riques de Dieu que par le biais de cette science ; et nulle jurisprudence sans soufisme, car il
ne peut y avoir d’acte valable sans une sincĂ©ritĂ© et une orientation vers Dieu.

Et les deux ne peuvent exister sans la foi, car aucune des deux sciences [soufisme et jurisprudence] ne vaut sans elle. Par consĂ©quent, l’ensemble de ces sciences est nĂ©cessaire, Ă©tant donnĂ© leur concomitance statutaire, comme celle des esprits pour les corps.

Les esprits ne peuvent exister que dans les corps, tout comme les corps n’ont de vie que par les esprits. Comprends donc ! C’est ainsi que Mālik dit : « Celui qui suit le soufisme en nĂ©gligeant la jurisprudence a commis une hĂ©rĂ©sie (tazandaqa) et celui qui apprend la jurisprudence en nĂ©gligeant le soufisme a commis une transgression (tafassaqa). Mais celui qui allie les deux, est rĂ©alisĂ©. »

Je dis que le premier a commis une hĂ©rĂ©sie parce qu’il a cru en la doctrine de la « prĂ©destination coercitive » (jabr mĆ«jib) qui nie la sagesse divine (áž„ikma) et les statuts juridiques (aáž„kām). Le deuxiĂšme a commis une transgression, car son acte manque de la vĂ©racitĂ© d’orientation qui empĂȘche la dĂ©sobĂ©issance Ă  Allah, ainsi que de la sincĂ©ritĂ© (ikhlāáčŁ) qui conditionne la validitĂ© de tout acte rĂ©alisĂ© pour Dieu. Le troisiĂšme « est rĂ©alisĂ© » (taáž„aqqaqa) par le fait qu’il s’est Ă©tabli par la VĂ©ritĂ© dans l’attachement aux rĂšgles de la VĂ©ritĂ©. Sache-le donc !

La diversité des voies

La diversitĂ© des voies (masālik) n’implique pas forcĂ©ment la diversitĂ© des buts, mais le but peut ĂȘtre unique malgrĂ© la diffĂ©rence des voies qui mĂšnent Ă  lui. Ainsi, les actes d’adoration (‘ibāda), le
renoncement (zahāda) et la connaissance (ma‘rifa) sont des voies pour se rapprocher de Dieu-Vrai par Sa grñce, et elles interfùrent les unes avec les autres.

En effet, le gnostique (‘ārif) doit pratiquer les actes d’adoration, car sa connaissance ne peut ĂȘtre prise en considĂ©ration s’il n’adore pas [par la pratique] l’objet de sa connaissance. Il lui faut Ă©galement l’ascĂšse sinon il n’atteindra aucune vĂ©ritĂ©, car il ne s’est pas dĂ©tournĂ© de ce qui est autre que Lui.

De la mĂȘme maniĂšre, celui qui se base sur les actes d’adoration a besoin d’ascĂšse et de connaissance, car il ne peut y avoir d’adoration sans connaissance, tout comme on ne peut ĂȘtre disponible pour les actes l’adoration sans ascĂšse. Il en est de mĂȘme pour l’ascĂšte, car il ne peut y avoir d’ascĂšse sans connaissance, ni d’ascĂšse sans pratique, faute de quoi elle devient vaine (baáč­Äla).

Oui ! Celui qui est plus engagĂ© dans les actes d’adoration est un adorateur (‘ābid), s’il est plus dans le dĂ©tachement, c’est un ascĂšte (zāhid), et celui qui est dans la contemplation de l’agissement de Dieu-Vrai est un gnostique (‘ārif). Tous sont soufis ! Et Dieu est plus savant !

Ahmad Zarrouq

Laisser un commentaire

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.

Actualités Connexes

1 / -2