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Sport et santé mentale : les scientifiques découvrent un mécanisme clé

Sport et santé mentale : les scientifiques découvrent un mécanisme clé

2026-09-22

Écrit par Rédaction

Et si une partie des effets bénéfiques de l’exercice physique sur le cerveau provenait directement de nos muscles ? Des chercheurs ont identifié le rôle de l’apéline, une protéine produite notamment par les muscles pendant l’effort, qui pourrait contribuer aux effets antidépresseurs associés à l’activité physique.

Publiée en mai 2026 dans la revue scientifique Molecular Psychiatry, une étude démontre que l’apéline produite par les muscles peut agir sur l’hippocampe, une région du cerveau impliquée notamment dans la mémoire, les émotions et la neurogenèse. Une découverte qui permet de mieux comprendre le dialogue entre muscles et cerveau.

Quand les muscles communiquent avec le cerveau

Les bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale sont documentés depuis longtemps, mais les mécanismes biologiques qui permettent aux muscles d’agir sur le cerveau restent encore imparfaitement compris. Des chercheurs de l’Université polytechnique de Hong Kong et de plusieurs autres institutions se sont intéressés à l’apéline, une protéine produite par différents tissus de l’organisme, notamment les muscles sollicités pendant l’exercice.

Pour leur expérience, les scientifiques ont soumis des souris mâles à quatre semaines de stress chronique, avant de permettre à certaines d’entre elles de pratiquer une activité physique pendant quatre semaines supplémentaires. Ils ont alors observé une augmentation de l’apéline dans le sang ainsi que dans l’hippocampe. L’exercice était parallèlement associé à une amélioration de plusieurs comportements utilisés par les chercheurs comme indicateurs de symptômes de type dépressif chez la souris.

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L’apéline, la protéine moteur

Pour déterminer si cette protéine jouait réellement un rôle dans le phénomène, les chercheurs ont ensuite empêché génétiquement les muscles de certaines souris de produire de l’apéline. Résultat : une grande partie des effets bénéfiques associés à l’exercice disparaissait, notamment ceux concernant certains comportements et la production de nouveaux neurones dans l’hippocampe.

Les scientifiques ont également réalisé l’expérience inverse. En augmentant artificiellement la production d’apéline dans les muscles de souris stressées, sans leur faire pratiquer d’exercice, ils sont parvenus à reproduire une partie des effets observés avec l’activité physique. L’étude montre également que l’apéline circulant dans le sang peut franchir la barrière hémato-encéphalique, qui protège normalement le cerveau de nombreuses substances présentes dans la circulation sanguine, puis agir sur des cellules de l’hippocampe par l’intermédiaire de son récepteur APJ.

Une piste prometteuse, mais pas encore un traitement

Ces résultats permettent aux chercheurs de mieux comprendre l’un des mécanismes par lesquels l’exercice physique peut influencer le fonctionnement cérébral. Ils mettent notamment en évidence l’importance du dialogue biologique entre les muscles et le cerveau. La découverte pourrait également ouvrir de nouvelles pistes pour étudier les mécanismes impliqués dans la dépression et, à plus long terme, rechercher de nouvelles approches thérapeutiques.

Mais les auteurs restent prudents. Les expériences ont uniquement été réalisées sur des souris mâles et les comportements observés chez les rongeurs ne peuvent pas être assimilés directement à une dépression clinique chez l’être humain. Il n’existe donc à ce stade aucun traitement antidépresseur à base d’apéline et ces résultats devront être confirmés chez l’humain.

Ils apportent néanmoins un nouvel éclairage biologique sur une observation déjà bien connue : l’activité physique ne transforme pas seulement les muscles, elle agit également sur le cerveau.

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