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Liban : un cessez-le-feu « de papier » méprisé par Israël

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Le cessez-le-feu, prolongé de trois semaines jeudi dernier par Donald Trump, est déjà compromis au Liban. Dès vendredi, Israël bombardait de nouveau le sud du pays. Alors que les déplacements et la destruction de villages s’intensifient, le ministère libanais de la Santé a annoncé dimanche la mort de 14 personnes, dont deux enfants, dans des frappes israéliennes.

Dès le départ, la trêve était fragile et partielle. Les agressions n’ont jamais réellement cessé dans le sud du Liban, où l’armée israélienne s’est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah et d’intensifier la destruction des villages. La situation s’est nettement dégradée ce dimanche avec l’annonce de la mort de 14 personnes, dont deux enfants et deux femmes, dans des bombardements israéliens.

Un cessez-le-feu de « papier » largement ignoré par Israël

Au moins 14 personnes, dont deux enfants, ont été tuées et 37 autres blessées dimanche lors d’une série de frappes aériennes israéliennes visant plusieurs zones du sud du Liban, marquant une escalade depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 17 avril. Un soldat israélien a également été tué et quatre autres grièvement blessés lors d’attaques du Hezbollah dans la « zone jaune » instaurée par Israël en territoire libanais.

Un cessez-le-feu de « papier » largement ignoré par Israël, où seuls Beyrouth, sa banlieue sud et la plaine de la Bekaa bénéficient d’une accalmie relative à la demande des États-Unis. En revanche, le front du Liban-Sud reste actif, d’autant que le Hezbollah a clairement indiqué qu’il ne reconnaissait pas la « zone jaune » imposée par Israël.

Un nouveau mouvement d’exode ce dimanche

La situation s’est fortement détériorée samedi et surtout dimanche, avec des dizaines de localités bombardées sans interruption, au sud comme au nord du fleuve Litani, portant à plus de 2 500 le nombre de morts et à 7 750 celui des blessés. Ces chiffres ont été communiqués par le ministère libanais de la Santé et l’agence de presse d’État, qui ont également signalé des démolitions d’habitations et d’infrastructures entre Yaroun et Bint Jbeil, dans le sud du pays.

L’intensification des opérations militaires a provoqué de nouveaux déplacements de population. Un important mouvement d’exode a été observé dimanche après un ordre d’évacuation lancé par l’armée israélienne aux habitants de sept villages situés dans le district de Nabatiyé, au nord du fleuve Litani.

En parallèle des opérations militaires, l’armée israélienne poursuit la destruction de bâtiments publics et résidentiels dans les zones qu’elle occupe dans le sud du Liban. Ces démolitions systématiques ont atteint un niveau tel que des experts libanais parlent désormais d’un « domicide » délibéré visant à empêcher tout retour des habitants.

« Ce sont des crimes de guerre de détruire des villages »

Les autorités libanaises estiment que 15 localités situées dans la « zone jaune » autoproclamée ont été entièrement rasées, cessant pratiquement d’exister. Dans 22 autres villes et villages, les destructions sont considérables et les opérations de démolition se poursuivent activement, tandis que la « zone jaune », présentée par Israël comme « une ligne de défense avancée », englobe une soixantaine de localités.

L’armée israélienne affirme agir dans le respect du droit des conflits armés et assure ne procéder à des destructions qu’en cas de nécessité. Une interprétation contestée par le chercheur Marc Lavergne : « le Hezbollah a bon dos. En Israël, beaucoup de personnes pensent que les frontières de l’Etat ne sont pas des frontières définitives ». Pour le spécialiste, « ce sont des crimes de guerre de détruire des villages », des actes susceptibles d’être sanctionnés par « le droit international ».

 

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