
2026-07-22
Écrit par Rédaction
À Gaza, Israël utilise la soif comme une arme contre la population palestinienne. Environ 85 % des habitants de l’enclave sont aujourd’hui privés d’un accès régulier à l’eau potable et contraints de recourir à des sources insalubres, notamment des camions-citernes privés ou des puits commerciaux non réglementés. Dans un communiqué, le PCHR appelle les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à exercer une pression immédiate sur Israël afin de mettre fin aux attaques visant les installations hydrauliques. Manque d'eau et chaleur insoutenable Sous les tentesde Gaza, dans une humidité étouffante, il est devenu impossible de se rafraîchir ou même de trouver un peu d’ombre face à un soleil écrasant. Arbres, maisons, infrastructures : tout a été détruit, et les températures atteignent déjà 30 °C dès 9 heures du matin. « L’été était notre saison préférée, il est devenu un enfer », écrit sur le site d’Al Jazeera le commentateur gazaoui Qasem Waleed. Ces conditions extrêmes touchent également les équipes médicales présentes dans l’enclave, notamment celles de Médecins Sans Frontières (MSF). « La plupart des membres du personnel vivent dans des tentes ou des bâtiments insalubres dépourvus de ventilation, et font état de températures atteignant 45 °C à l’intérieur des tentes », rapporte Prue Coakley, cheffe de mission adjointe de MSF Belgique, depuis Amman, en Jordanie. Alors que des centaines de milliers de déplacés, entassés sur 30 % du territoire, dépendent presque exclusivement des camions-citernes pour accéder à l’eau potable, le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR) appelle la communauté internationale à intervenir d’urgence afin de protéger les infrastructures hydrauliques et d’assurer l’approvisionnement en eau de la population civile. Rendre la bande de Gaza invivable Israël ne laisse entrer qu’environ un tiers des convois humanitaires prévus par l’accord de cessez-le-feu signé en octobre 2025. L’entrée des matériaux de construction demeure interdite et les livraisons de carburant restent fortement limitées. Pour Omar Shakir, directeur exécutif de Democracy for the Arab World Now, « cette tactique empêche les Gazaouis de se protéger de la chaleur extrême et participe au crime de génocide, en rendant l’enclave invivable ». Les observations menées par les ONG palestiniennes dressent le tableau d’un effondrement des services essentiels. Près de 85 % des habitants de Gaza sont privés d’un accès régulier à l’eau potable et contraints de recourir à des sources insalubres, comme des camions-citernes privés ou des puits commerciaux non réglementés, souvent vendus à des prix exorbitants à des familles déjà plongées dans une extrême précarité. Dans un communiqué, le PCHR appelle les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à exercer une pression immédiate sur Israël afin de mettre fin aux attaques contre les installations hydrauliques. L’organisation cite notamment les puits, les usines de dessalement, les stations de pompage, les réservoirs d’eau et les réseaux de distribution souterrains, qu’elle qualifie d’infrastructures civiles indispensables à la survie de la population. Elle demande également la mise en place d’un couloir humanitaire permanent et sécurisé permettant l’acheminement sans restriction des équipements nécessaires au secteur de l’eau. Un apartheid environnemental et climatique Selon plusieurs chercheurs, ces conséquences dépassent le seul territoire de Gaza et concernent également la Cisjordanie occupée ainsi que les citoyens palestiniens d’Israël. Interdictions de construire ou de rénover des puits, pression démographique, confiscation des terres et restrictions d’accès à la mer ou aux espaces naturels alimentent ce qu’ils qualifient d’« apartheid environnemental et climatique ». Les Israéliens disposent en moyenne de 165 litres d’eau par jour, contre 73 litres en Cisjordanie et seulement 6 litres à Gaza. « L’expression “apartheid climatique” rend, certes, compte du fait que les Palestiniens sont privés des mêmes capacités d’adaptation au changement climatique que les Israéliens, mais la question doit aussi porter sur l’utilisation de cette privation comme arme à des fins de colonisation et de nettoyage ethnique », dénonce Gabriella Neubert, chercheuse au sein du Groupe arabe pour la protection de la nature.La crise de l’eau à Gaza atteint un niveau critique. Selon le Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), plus de deux millions de Palestiniens font face à une pénurie d’eau sans précédent, délibérément provoquée par Israël, mettant en péril leur vie et leurs conditions de subsistance.