
2026-06-26
Écrit par Rédaction
Mi-juin, l'Arcom, saisie en janvier par l'organisation Reporters sans frontières (RSF), a mis en demeure la chaîne d'information de Vincent Bolloré de mieux respecter la diversité « des courants de pensée et d'opinion ». À défaut, le régulateur prévient qu'il pourrait engager une procédure de sanction, notamment financière. « L’Arcom vient de siffler la fin de la récréation pour CNews », s’est félicité Thibaut Bruttin, directeur général de RSF. « L’autorité de régulation indique, par cette décision, qu’elle avait besoin de nous pour repérer les manquements de CNews, mais que, désormais, elle les voit clairement. » Dans sa décision, l’Arcom reproche notamment à la chaîne la récurrence de commentaires mettant en cause l’action de l’exécutif. Le régulateur relève « la répétition marquée, d’une séquence à l’autre, des mêmes commentaires et opinions, [qui] s’observe principalement s’agissant de l’action de l’exécutif, en raison de positions perçues comme insuffisamment fermes ou cohérentes ». Cette mise en demeure constitue une étape juridique obligatoire avant toute éventuelle sanction. Dans un communiqué, CNews a « fermement » contesté « les griefs formulés par l’Arcom », estimant qu’ils reposent sur « une interprétation excessivement restrictive de la liberté éditoriale dont doivent bénéficier les médias dans une démocratie ». La chaîne a annoncé son intention de contester cette mise en demeure devant le Conseil d’État. Mercredi, le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, a qualifié cette décision de « décision politique » dans une tribune publiée sur le site du Figaro. Le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a assuré jeudi que le régulateur avait « joué son rôle », en agissant « à l’écart de toute considération politique ». Il rappelle que l’« exigence » de pluralisme « est prévue par la loi et constitue, selon le Conseil constitutionnel, une condition de la démocratie ». Selon lui, « CNews, comme les autres chaînes, est tenue de respecter ces règles ». Les médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré (CNews, JDD, JDNews, Europe 1) ont également été critiqués ces dernières semaines, notamment par le Quai d’Orsay, pour la place accordée à la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée de relayer la propagande du Kremlin. L’Arcom a enfin annoncé qu’elle mettrait en place, dès la rentrée, une « veille » sur le respect du pluralisme au sein des quatre chaînes d’information de la TNT (BFMTV, CNews, LCI et franceinfo), à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.Le 15 juin dernier, l'Arcom a, une nouvelle fois, mis en demeure CNews afin que celle-ci se conforme « à l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion ». Loin d’être anodine, cette décision pourrait fragiliser la ligne éditoriale de la chaîne et l'empire médiatique porté par le milliardaire Vincent Bolloré.
RSF salue la décision de l'Arcom
CNews dénonce une atteinte à sa liberté éditoriale
L'Arcom défend son rôle de régulateur