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22/09/2019
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Pew Research Center : l’islam, 1ere religion mondiale vers 2060

Selon le centre d’études américain Pew Research Center, l’islam deviendrait la première religion mondiale à l’horizon 2060, devant le christianisme. Décryptage.

C’est un sujet qui charrie beaucoup de fantasmes. Quel est la 1ere religion mondiale en terme de fidèles ? Si la réponse est et demeure à ce jour le christianisme, toutes Eglises confondues, la réponse pourrait changer dans les décennies prochaines. C’est en tout cas ce qu’avance le Pew Research Center, un centre de recherche très influent basé à Washington et « qui fournit des statistiques et des informations sociales sous forme de démographie, sondage d’opinion, analyse de contenu », selon la présentation de Wikipédia. En croisant toutes sortes de données statistiques, démographiques et analytiques, le centre américain, sur la base d’indices démographiques, estime que l’islam deviendra la première religion mondiale dès 2060 (voir schéma).

Répartition par religion des populations mondiales entre 2015 et 2060. Les pourcentages indiquent la marge de progression.   

Si la population musulmane représentait 1,8 milliard de musulmans dans le monde en 2015, soit autour de 24 % de la population mondiale, la combinaison des divers indices démographiques par régions convergerait vers une population religieuse musulmane majoritaire à l’horizon 2060, avec un pourcentage d’augmentation supérieur à 70 %.

Où les populations musulmanes sont-elles géographiquement les plus nombreuses ?

« La majorité des musulmans à l’échelle mondiale (62%) vivent dans la région Asie-Pacifique, y compris d’importantes populations en Indonésie, en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, en Iran et en Turquie », rappelle le centre américain. L’Indonésie est actuellement le pays avec la plus grande population musulmane au monde, mais le Pew Research Center prévoit que l’Inde passera devant au classement d’ici l’an 2050 (tout en restant un pays majoritairement hindou), avec plus de 300 millions de musulmans.

La région Afrique du Nord-Moyen Orient ne représente qu’1/5 de la oumma, soit 20 % de la population musulmane mondiale

Contrairement aux idées reçues, la région Afrique du Nord-Moyen Orient ne représente qu’1/5 de la oumma, soit 20 % de la population musulmane mondiale selon l’étude.

Rassemblement de fidèles indonésiens à Djakarta, en Indonésie.  

La population musulmane en Europe augmente également : 10% de la population européenne serait musulmane d’ici 2050, des indices qui cependant ne prennent pas en compte le nombre de convertis. Aux Etats-Unis, la progression démographique est stable. « En 2015, selon notre meilleure estimation, il y avait 3,3 millions de musulmans de tous âges aux États-Unis, soit environ 1% de la population américaine ». Un chiffre qui passerait à 2,1% de la population américaine, devant la communauté juive, d’ici 2050. 63 % des musulmans américains sont des immigrants en provenance du Moyen-Orient, de l’Inde ou du Pakistan.

Chaque femme musulmane aurait en moyenne 2,9 enfants au niveau mondial, contre 2,2 pour tous les autres groupes religieux combinés

Démographie, jeunesse, immigration : les raisons d’un boom religieux

Deux facteurs principaux sont à l’origine de la croissance rapide de l’islam et les deux impliquent une démographie simple. Le premier facteur est démographique et concerne les taux de fécondité. Chaque femme musulmane aurait en moyenne 2,9 enfants au niveau mondial, contre 2,2 pour tous les autres groupes religieux combinés.

Schéma comparatif des taux de fécondité entre populations musulmanes et non-musulmanes. 

Les musulmans sont aussi les plus jeunes (âge médian de 24 ans en 2015) de tous les groupes religieux majeurs, avec un écart d’âge médian de sept ans avec les non-musulmans. Un dernier facteur joue un rôle réduit mais réel dans l’évolution démographique de l’Europe et de l’Amérique du Nord : l’immigration. Mais elle reste minime sur le plan de la population mondiale et ne modifie pas les équilibres démographiques sur ce plan.  Si le Pew Research Center est incontestablement un think tank très influent dans la presse internationale, reste qu’il soulève néanmoins des critiques récurrentes, bien qu’officieuses, dans les milieux de la recherche sociologique en raison de la trop grande proximité du centre avec l’administration américaine et sa dépendance politique à cet égard.