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13/11/2019
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Les Musulmans lancent un plan national contre l’islamophobie

La Plateforme Les Musulmans a publié un plan national ambitieux contre l’islamophobie. 28 grands axes sont proposés et adressés à l’ensemble des acteurs institutionnels et informels en France. Le focus de Mizane.info.

Après l’attentat contre l’imam de Brest Rachid Eljay, membre de la Plateforme Les Musulmans, suivie plus tard par celle qui a frappé la mosquée de Bayonne, et à un autre niveau, la violence des polémiques et des prises de paroles médiatiques contre l’islam exprimés ces dernières semaines, une réaction de la Plt LM était attendue.

L’organisation qui a émergé de la consultation proposée en ligne et sur le terrain aux musulmans en 2017, a donc pris le taureau par les

cornes en proposant un vaste dispositif de lutte contre l’islamophobie à tous les niveaux de la société.

Un volet important de mesures et d’attentes sont adressées à l’Etat, au gouvernement et au législateur.

Parmi elles, citons la « mise en place d’une commission parlementaire mixte contre l’islamophobie, qui aura la charge d’évaluer de manière impartiale les politiques menées et la mise en œuvre du plan ici présenté ».

Citons également « l’établissement de conventions contractuelles et transparentes, décrivant les modalités de coopération entre les ONG antiracistes et l’Etat ».

Les rapports et propositions de textes sur la radicalisation et les propos du ministre de l’Intérieur amalgamant des éléments de la pratique de l’islam à des signes de radicalisation ont créé une inquiétude légitime et le souci de réclamer une « transparence totale sur les dispositifs de signalisation au sein des institutions publiques » afin de prévenir « tout dispositif abusif ».

La polémique soulevée par la question des mamans voilées accompagnatrice a poussé la Plt LM a exigé une « prise de position forte sur le respect des jurisprudences en vigueur, notamment celles respectant la participation des parents accompagnateurs dans les sorties scolaires. »

Les propositions de ce plan national de lutte contre l’islamophobie comportent des volets médiatiques, juridiques, politiques, communicationnels et sociaux. Voici quelques-unes de ces mesures classées et présentées par Mizane.info

Médias

Le volet médiatique est l’un des plus importants de ce plan étant donné la nature éminemment médiatique des contenus à caractère islamophobe.

-Élargissement de la compétence du CSA en matière de surveillance, de régulation et de sanction des abus, en matière de discours d’incitation à la haine, aux discriminations et au racisme. Sanctions financières contre les chaînes ne respectant pas leurs engagements déontologiques.

-Audit annuel des principales chaines infos et des chaines radiotélévisées du service public, en matière d’inclusion et de représentation des minorités. Evaluation et recommandation d’améliorations concrètes et mesurables.

-Organisation d’ateliers et de rencontres avec des journalistes, des responsables de rédaction, des universitaires et des personnalités musulmanes, afin de répondre à leurs questions, de mettre en valeur les bonnes pratiques et d’améliorer le traitement médiatique des questions musulmanes.

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-Identification et formation de 100 personnes issues de la société civile, de confession musulmanes, toutes origines, toutes catégories professionnelles et opinions confondues. Mise en valeur de ces personnalités et promotion de leur diversité dans les médias.

-Invitation systématique de personnalités musulmanes lors des débats portant sur l’islam et les musulmans. Respect strict des règles du débat contradictoire et de la pluralité d’opinions. Refus d’intervention sur ces sujets de personnalités ayant été condamnées pour des faits d’incitation à la haine et à la discrimination.

Politique

Les dérapages contrôlés des sorties politiques de ministre ou d’élus à caractère islamophobe notamment durant les périodes électorales ont fait l’objet de deux propositions.

-Mise en place d’un observatoire des discours de haine durant les périodes électorales et identification des incitations à la discrimination de la part des candidats.

-Définition d’une liste d’engagements contre le racisme et les discriminations, dont un volet sur l’islamophobie, l’inclusion des femmes musulmanes, le respect des libertés fondamentales, la pénalisation des discours de haine. Inclusion de ces items dans les programmes électoraux.

Communication

-Sensibilisation des entreprises du CAC40 au respect de la diversité, visibilisation des bonnes pratiques et promotion de cette diversité dans des campagnes de communication nationales.

-Campagne d’affichage et diffusion de spots radio-télévisés, dénonçant l’islamophobie et sensibilisant à la gravité de ce phénomène

-Diffusion d’un guide et de fiches pratiques, permettant à tout citoyen de connaître ses droits et d’assister des personnes de son entourage, de manière constructive, lorsque des situations litigieuses se présentent.

-Mise en place de points de contact et de prévention contre les discriminations, dans toutes les municipalités, en lien avec les associations et structures locales, afin d’orienter les usagers du service public en cas de difficulté et de mieux prévenir les discriminations au sein du service public.

-Publication trimestrielle des plaintes et mains courantes portant sur des faits de discriminations et de violences islamophobes, ainsi que les suites policières données à ces actes. Réconciliation de ces statistiques avec celles des ONG, afin de veiller à la fiabilité, la rigueur et à la transparence des chiffres produits dans les rapports annuels.

-Publication annuelle des suites judiciaires données aux actes de violence et de discrimination islamophobes, afin d’évaluer l’efficience de la justice en matière de lutte contre le racisme et de dissuader le passage à l’acte.

-Publication et visibilisation du travail du Défenseur des Droits, notamment dans les dossiers gérés en matière d’islamophobie, ainsi que sur les avis rendus, afin de mieux prévenir les actes.

-Mise à disposition des avis de l’Observatoire de la laïcité et des décisions de justice relative au fait religieux dans/autour de l’enseignement. Formation des enseignants et des cadres éducatifs au respect strict de ces décisions.

-Rappel des chartes de respect des patients en milieu hospitalier, notamment en matière de prise en compte des régimes alimentaires, de respect de la dignité et du culte des patients, en bonne intelligence avec les traitements et actes thérapeutiques.

Juridique

-Saisie systématique du procureur de la république lors de discours de haine contre les musulmans, afin d’envoyer un signal fort et dissuasif.

-Alerte et saisine systématique de toutes les organisations internationales compétentes (OSCE, Conseil de l’Europe, ECRI, ONU, Commission Européenne) en cas de non-respect par l’Etat français des engagements pris par la France en matière de respect des libertés fondamentales et de lutte contre les discriminations.

-Prise de position forte sur le respect des jurisprudences en vigueur, notamment celles respectant la participation des parents accompagnateurs dans les sorties scolaires, régulièrement convoqués dans le débat public.

-Elaboration et adoption d’une définition opérationnelle de l’islamophobie, comme l’ensemble des discriminations et violences contre des personnes et des institutions, en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane. Cette définition n’inclut pas la libre critique des idéologies.

Social

-Organisation d’un rassemblement majeur contre l’islamophobie, réunissant toutes les bonnes volontés, toutes les structures qui le souhaitent, contre cette forme de racisme contemporaine qui vise des millions de citoyens.

-Allocation d’un budget de sécurisation des lieux de culte musulmans et à la formation des équipes animant ces mosquées. Mise à disposition systématique d’un point de contact policier et préfectoral. Définition d’un plan de prévention et de réponse aux attaques sur les lieux de culte.

-Mobilisation des citoyens contre l’islamophobie sur des actions simples: participation à des campagnes, saisines spécifiques du CSA, sensibilisation des élus, soutien à des structures locales.

-Formation des cadres musulmans à la prise en charge des victimes d’actes islamophobes et aux principaux points de droit afférents, afin qu’ils puissent mieux sensibiliser les fidèles et les orienter, le cas échéant, lors de situations de discrimination ou de violence.

-Identification des groupuscules islamophobes, surveillance des éléments les plus actifs et démantèlement de toute structure incitant ou préparant une action violente contre des personnes, des biens ou des lieux de culte musulmans.

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