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Le glyphosate, cancérigène présent dans l’alimentation, prolongé pour 5 ans par l’UE

L’Union européenne s’est réuni lundi pour statuer sur la reconduction du pesticide le plus vendu en France, le glyphosate. Les pays membres ont renouvelé pour 5 ans l’autorisation du pesticide largement employé dans l’industrie alimentaire, malgré son caractère cancérigène reconnu. La France a voté contre, l’Allemagne pour. Zoom sur un produit dangereux pour la santé publique.

Ce fut un lundi noir pour les consommateurs européens. L’UE a en effet décidé de renouveler pour 5 ans l’emploi massif du glyphosate, un pesticide très présent dans l’agroalimentaire et dont les effets cancérigènes ainsi que le rôle dans les malformations des nouveau-nés ou encore le rôle nocif pour le foie ont été reconnus. Un tollé qui montre les effets profonds du travail de lobbying mené par Monsanto qui a coup d’études sélectives et de dissimulation d’information aura réussi à orienter le cours des décisions en sa faveur.

Où trouve-t-on le glyphosate et quels sont ses effets ?  

L’ONG Générations futures a réalisé la seule enquête disponible en France sur les effets du glyphosate. « 7 céréales de petit déjeuner sur 8 analysées en contiennent (soit 87.5%) 7 légumineuses sur 12 analysées en contiennent (soit 58.3%) 2 pâtes alimentaires sur 7 en contiennent (soit 28,5%) Les lentilles vertes « Vivien Paille » (paquet de 500g) contiennent 2,1mg de glyphosate », est-il indiqué dans son rapport sur la base des échantillons étudiés. Il faut savoir que la limite maximale en résidus (LMR) du glyphosate pour le blé est de 10 mg/kg. « Environ 1/3 du glyphosate ingéré est absorbé par le corps, le reste demeurant dans le tractus gastro intestinal. 99% du glyphosate absorbé est ensuite rejeté dans les urines. » Le glyphosate est le pesticide le plus vendu en France. Il est avec l’AMPA, le principal pesticide détecté dans les cours d’eau en métropole en 2013. En 2015, ses effets cancérigènes étaient connus. «

Des courriels internes de Monsanto ont été divulgués, indiquant que la société s’inquiétait dès 1999 du potentiel mutagène du glyphosate

Des experts du Centre International de Recherche sur le Cancer (le CIRC, une agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS qui fait autorité sur toutes les questions relatives au cancer) ont classé le glyphosate comme « probablement cancérogène » pour les humains, en se basant sur l’ensemble des études scientifiques publiées ». Le glyphosate, outre ses effets cancérigènes, est à l’origine de malformations physiques des nourrissons et joue un rôle pathogène pour le foie.

Quelques produits contenant du glyphosate…

Selon France Soir :

-Les pois chiches « Leader Price » (1kg –import) en contiennent 1,5mg

-Les lentilles blondes « Saint Eloi » (paquet de 500g) en contiennent 1,3mg

-Les flocons d’avoines grillés aux pommes de marque « Granola » contiennent 0,31mg de glyphosate.

Viennent ensuite, « le « Muesli Alpen Swiss style » sans sucre (paquet de 560g) avec 0,067mg, le muesli « Jordan Country Crisp » céréales complètes fruits noix avec 0,062mg, les « Weetabix Original 95% blé complet » à 0,04mg, et des pâtes alimentaires de la marque Garofalo qui ont présenté des niveaux de glyphosate entre 0,039mg et 0,053mg. »

Générations futures a publié (ci-dessous) un tableau non exhaustif des produits contenant du glyphosate. L’ONG précise que les études de masse n’ont pas encore été réalisées en raison notamment de leur coût.

Des effets cancérigènes connus de Monsanto dès 1999

Malgré les mises en garde du CIRC, l’Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA) a rejeté ces conclusions et considéré qu’il n’y avait aucune preuve que le glyphosate puisse causer le cancer. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a même publié un avis sur la sécurité du glyphosate le 15 mars 2017 qui exonère le glyphosate du moindre risque cancérogène pour l’homme. « Il faut savoir, poursuit l’ONG, que L’ECHA comme l’EFSA utilisent les études fournies par les firmes agrochimiques en premier lieu pour étayer leur opinion et ne considèrent la plupart du temps pas les conclusions des études universitaires comme valides ! De plus, un récent rapport 3 publié par Global 2000 et écrit par le toxicologue Dr. Peter Clausing a révélé que les autorités européennes (le BfR, l’EFSA et l’ECHA) ont violé leurs propres règles en dissimulant des preuves de la cancérogénicité du glyphosate pour pouvoir conclure à sa non dangerosité ! » Le glyphosate aurait donc pu être classifié comme cancérogène selon les standards européens actuels. Cela aurait permis une interdiction automatique d’après la législation européenne en matière de pesticides. D’autant plus que « des courriels internes de Monsanto (affaire dite des « Monsanto papers » révélée par le journal le Monde) ont été divulgués, indiquant que la société s’inquiétait dès 1999 du potentiel mutagène du glyphosate ».

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