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14/11/2019
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La langue arabe a le vent poupe en Chine

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Selon Xue Guoqing, directeur du Centre Shaikh Zayed à Beijing, l’apprentissage de l’arabe est de plus en plus perçu comme une valeur ajoutée professionnelle et commerciale pour trouver un emploi, en Chine. La présence d’une communauté musulmane importante dans le pays, et l’intensification des relations économiques entre les pays arabes et la Chine, Emirats arabes unis en tête, ont renforcé cette attractivité de l’arabe en Chine.

Les liens économiques et commerciaux croissants entre la Chine et les pays arabes du Golfe ont imposé l’arabe, ces dernières années, comme un atout pour postuler à des emplois dans les pays du Golfe. D’après Liu Xinlu, vice-doyen de la faculté des études arabes à l’Université des études étrangères de Beijing, « la langue arabe s’est énormément développée en Chine ces dernières années ». « Quand j’étais étudiant, il y avait sept ou huit universités chinoises qui enseignaient l’arabe. Aujourd’hui, il y a près de 50 universités qui enseignent l’arabe », a déclaré le professeur de 37 ans, qui a reçu le nom de « Shadi » en arabe.

Commentant l’intérêt porté à l’arabe, Xinlu a déclaré : « En Chine, nous le savons, il y a plus de 10 ethnies et plus de 20 millions de musulmans concernés par la langue arabe. Mais ce n’est pas la raison principale pour étudier cette langue », a-t-il récemment déclaré à Gulf News. « Il y a une raison beaucoup plus importante : les relations entre la Chine et les pays arabes, en particulier dans le domaine commercial. Beaucoup de gens trouvent des opportunités commerciales, culturelles et politiques pour traiter avec les pays arabes », a-t-il ajouté. La Chine est le partenaire commercial des Emirats Arabes Unis et l’Etat du Golfe fait partie des meilleurs partenaires économiques de Pékin.

L’arabe, une langue diplomatique et économique pour les Chinois

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La faculté d’études arabes de l’université de Beijing qui célébrera son 60e anniversaire en septembre prochain est considérée comme la « plus ancienne et la meilleure école d’enseignement de l’arabe en Chine », d’après le témoignage de Lateef, une doctorante chinoise qui a reçu un nom arabe après s’être inscrite à la faculté de Beijing. Elle reconnait avoir choisi l’arabe parce que « c’est une langue adorable … Depuis mon enfance, je rêve de voyager et de visiter les pays arabes. La langue est ma clé. » Lateef étudie actuellement l’arabe au Centre de langue arabe et d’études islamiques Shaikh Zayed Bin Sultan Al Nahyan, ouvert en 1994 sur l’ordre de Shaikh Zayed après sa visite historique en Chine en 1990. « Nous donnons aux étudiants des noms arabes pour créer une atmosphère arabe en classe », a commenté Xue Guoqing, directrice du Centre Shaikh Zayed, connu sous le nom de docteur Bassam.

La langue est un élément important dans le soft power. Lorsque j’ai visité de nombreux pays arabes, j’ai trouvé très peu de livres en chinois. De même, vous trouverez peu de livres arabes en Chine. Il est nécessaire de faire plus d’efforts pour traduire plus de livres, des deux côtés. Liu Xinlu

Près de 1 000 personnes ont obtenu leur diplôme dans ce centre et utilisent la langue arabe dans leurs domaines et spécialisations, « que ce soit au ministère des Affaires étrangères, du commerce et de la culture, dans les entreprises commerciales ou dans les médias », a déclaré le professeur Guoqing. L’équipe des 17 professeurs qui y enseignent l’arabe comprennent 15 Chinois et 2 Arabes. « Près de 98 % de nos diplômés trouvent un emploi après l’obtention de leur diplôme », a déclaré Guoqing.

La traduction comme pont entre les Nations

L’intérêt des Chinois pour l’étude de l’arabe serait diversement motivé. « Certains aiment la culture islamique, et d’autres s’imaginent que le monde arabe regorge de légendes sur le modèle des contes des « Mille et une nuits ». Selon le professeur Guoqing, les deux tiers des diplomates chinois de la région arabe sont diplômés de la faculté. La plupart des diplomates chinois qui servent dans le pays arabe parlent l’arabe. Guoqing lui-même a aidé à diffuser la culture et la littérature arabes en Chine en traduisant des œuvres de certains des grands noms de la poésie arabe moderne, dont Ali Ahmad Said Esber, Adunis, Mahmoud Darwish, Badr Shaker Al Sayab et Abdul Wahab Al Bayati.

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L’ambassadeur de Chine aux Emirats arabes unis (au centre).

Il collabore dans le même temps avec l’érudit syrien Firas Sawah, qui était jusqu’à récemment membre de la faculté d’enseignement, pour traduire certains classiques des livres chinois en arabe. Cela inclut « Les Analectes », également connu comme les « Analectes de Confucius », une collection de dictons et d’idées attribués au philosophe chinois Confucius.

« Personnellement, j’ai commencé à accorder plus d’attention aux études sur la pensée islamique. Quand le mot islam est mentionné, ce qui vient à l’esprit des Chinois, c’est que l’Islam est une religion et une loi. Cependant, l’Islam est beaucoup plus que cela, c’est une civilisation complète, qui comprend la philosophie, l’histoire, le droit, les études sociales et des inventions dans tous les domaines. C’est un concept plus large qu’une simple religion ».

La Faculté des études arabes a des liens avec de nombreuses universités arabes. La Chine, en revanche, accorde logiquement plus d’attention à l’enseignement du chinois à l’étranger. En 2016, il y avait 512 centres Confucius et 1 073 classes à travers le monde. « La langue est un élément important dans le soft power. Lorsque j’ai visité de nombreux pays arabes, j’ai trouvé très peu de livres en chinois. De même, vous trouverez peu de livres arabes en Chine. Il est nécessaire de faire plus d’efforts pour traduire plus de livres, des deux côtés », estime Liu Xinlu.

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