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26/06/2019
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Islam et faux semblants

Mizane Info publie la traduction d’un texte de la chroniqueuse musulmane américaine Subaita Rahman sur l’identité musulmane et le regard négatif des autres portés sur l’islam dans les sociétés occidentales. Un texte publié initialement sur le site de The Daily Californian.

Chaque fois que je parle de ma religion, les réactions auxquelles je suis confronté sont différentes mais parmi elles, une revient souvent : un regard glacé pendant que je parle, suivie d’une réponse sur le mode « C’est sympa, mais qu’en est-il de Daesh ? ». Pour beaucoup de gens, les personnes comme moi incarneraient une version soft et sympathique de l’islam, mais cette version ne serait pas fiable et conforme à ce qu’est réellement l’islam. La religion musulmane s’inscrit dans un spectre étrange, et les médias occidentaux sont les principaux producteurs de l’image des « musulmans » sur une échelle allant d’un point extrême représenté par l’islam et les groupes armées islamiques à un autre représenté par l’humanité. Les pratiques les plus violentes ou barbares seraient situées en haut de l’échelle de l’islamité et cette idée reçue répétée en boucle de manière subliminale provoque l’aversion de la plupart des Occidentaux pour cette religion.

Faire le choix de la liberté religieuse

A première vue, on peut comprendre leur réaction. Certains régimes archaïques du Moyen-Orient se définissent comme musulmans. Les groupes terroristes islamistes sont connus pour agir au nom du djihad et certains soutiennent leur action à coup de citations du Coran (prises grossièrement et hors contexte).

Il serait temps d’accorder aux musulmans le bénéfice du doute avant de penser qu’une action blâmable ou violente soit représentative de l’islam

Les dirigeants des régimes archaïques du Moyen-Orient pensent qu’ils ont la responsabilité de tous leurs citoyens, et font tout ce qui est nécessaire pour que leurs citoyens suivent la version la plus archaïque possible de l’islam celle qui les sauvera de l’enfer, et emploient habituellement la force pour y parvenir. Donner à leurs citoyens la liberté religieuse signifie qu’ils peuvent choisir de ne pas être musulman, ce qui réduirait, selon ces leaders, leurs chances d’entrer au Paradis. Indépendamment de ce que les islamistes et les médias occidentaux pensent, laisser aux hommes le libre choix de suivre Dieu est une déclaration beaucoup plus forte du double point de vue du pouvoir et de la foi que de les y forcer.

Le droit au bénéfice du doute

Subaita Rahman.

C’est de cet islam que je parle chaque fois que j’en parle, mon islam, non pas celui pratiqué par les groupes extrémistes islamistes, même s’il porte le même nom. La relation de chaque humain avec Dieu est différente, mais les gens croient en quelque sorte que je dois aussi parler ou justifier de tout ce qui se fait au nom de l’islam. Une bonne partie des décisions que prennent les musulmans sont prises par eux en tant qu’individus, et non pas toujours au nom de leur foi. L’acte de couper ses cheveux par exemple n’est pas nécessairement libérateur en soi, mais certains se sentent plus à l’aise sans cheveux. On pourrait en dire autant pour le choix de porter un hijab. Il existe donc beaucoup d’idées reçues et de rumeurs douteuses sur les différentes interprétations de l’islam. Il serait donc temps de commencer à accorder aux musulmans le bénéfice du doute avant de penser qu’une action blâmable ou violente soit représentative de l’islam.