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A Spokane, la recette féminine d’un dialogue judéo-musulman réussi

Spokane est une ville américaine de l’État de Washington, située à l’est de Seattle et au nord-est de Portland. Forte d’une population de 600 000 habitants, la ville regroupe également des groupes de dialogue féminins inter-religieux judéo-musulmans. Le zoom de Mizane.info.

L’été dernier, un groupe de neuf femmes juives et neuf femmes musulmanes se sont réunies pour créer une section locale de la Sisterhood of Salaam Shalom, une organisation nationale américaine dédiée au rassemblement des femmes appartenant aux deux religions. Bonnie Mandel, co-leader juive du groupe, a déclaré qu’elle voulait initier ce groupe parce qu’elle venait d’une grande ville multiconfessionnelle. « J’ai décidé qu’il était temps pour moi de faire un petit plongeon dans mon coin du monde », a-t-elle déclaré dans les colonnes de The Spokesman-Review. Mandel, membre de la congrégation Emanu-El, une synagogue de la Réforme juive à Spokane, l’a rejointe. « Je ne connaissais aucun musulman », a-t-elle dit. Mandel a approché Saïma Ahmad, un médecin local qu’elle connaissait professionnellement, même si elle n’était pas sûre que Saïma était musulmane. Cette dernière accueillit avec beaucoup d’enthousiasme l’idée de devenir le co-leader musulman du groupe.

Plus de similitudes que de différences

Les deux femmes ont fait un effort pour recruter des membres représentant une grande variété de pratiques religieuses. Les 18 membres de la Sisterhood of Salaam Shalom réunissent aussi bien de jeunes mères que des grand-mères. « L’idée m’a vraiment intrigué. Je suis contente de m’être impliquée parce que ce fut un voyage fascinant », a poursuivi Saïma. Chaque mois, le groupe se réunit pour discuter d’un sujet spécifique. Ils se rencontrent dans les maisons des unes et des autres, autour d’un repas et compte tenu des différentes restrictions alimentaires, la nourriture est végétarienne.

Cela ouvre simplement votre esprit, pas sur l’autre foi, mais sur votre propre foi

Les rassemblements ont commencé comme des réunions formelles, mais les choses ont lentement changé. « Nous avons trouvé plus de similitudes que de différences », a déclaré Saïma Ahmad. « Nous, en tant que personnes, sommes plus semblables que différents. Je pense que j’ai grandi spirituellement grâce à cette expérience. C’était marrant. » Mandel est d’accord. « J’ai vraiment apprécié de faire partie d’un groupe de femmes intelligentes, curieuses et attentionnées », a-t-elle déclaré. « Cela a été une expérience positive. Moi aussi, j’ai grandi spirituellement et j’ai réfléchi à de nombreuses et profondes questions spirituelles.

« Je pense que les femmes inspireront les hommes »

En cours de route, les deux femmes ont appris davantage sur la foi de l’autre, mais aussi sur la leur. « Cela ouvre simplement votre esprit, pas sur l’autre foi, mais sur votre propre foi », a déclaré Saïma Ahmad. Mandel confie avoir beaucoup appris sur les différents types de judaïsme mais aussi sur l’islam. « J’ai vraiment appris tellement de choses sur l’Islam que je ne l’ai jamais su », a-t-elle dit. Pour le moment, le groupe a décidé de ne pas s’agrandir à cause des conditions d’accueil restreintes des domiciles respectifs. Mais aussi pour préserver l’échelle humaine de ce type de dialogue. « Il s’agit de partager et de communiquer les uns avec les autres » confirme Mandel alors que pour Saïma, « Si c’est trop grand, vous ne pouvez pas vraiment avoir une conversation ». Plusieurs femmes juives ont exprimé leur intérêt à créer leur propre section de dialogue en recherchant des femmes musulmanes désireuses de se joindre à elles. Dans cette commune, il n’y a pas encore d’organisations similaires pour les hommes, conclue Mandel. « Je pense que l’espoir est que les femmes inspireront les hommes », a-t-elle déclaré. « Ce serait génial ! ».

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